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Synthèse de l'enquête rapide sur les
conditions de l'évaluation des TPE
en terminale
I Organisation générale de l'épreuve
Le SIEC avait fixé, pour les trois académies
d'Ile de France, le cadre général de l'évaluation.
Pour sa mise en oeuvre, nous avons proposé de distinguer quatre
secteurs géographiques, en regroupant les établissements
publics et privés de deux bassins (il y a huit bassins à
Paris). Dans chaque regroupement de bassins, un ou deux proviseurs - ou
proviseurs adjoints - ont été désignés par
leurs pairs pour constituer les jurys mixtes (public/privé) de
chaque établissement. Une réunion de ces proviseurs en janvier
2002 a permis de rappeler les règles de cette évaluation
et de mettre au point les modalités de constitution des jurys.
Tous les IA-IPR qui le pouvaient se sont rendus dans des établissements
publics et privés pour assister à des soutenances de TPE.
Celles-ci ont eu lieu, pour la plupart, les mercredis après-midi
13 mars, 20 mars et dans une moindre mesure 6 mars.
Quatre IA-IPR de discipline différente (Histoire, Physique, Anglais,
Arts plastiques) ont présidé les commissions d'entente et
d'harmonisation de chaque regroupement de bassins, qui se sont réunies
en présence d'un ou deux proviseurs, d'un délégué
de chaque établissement et du correspondant académique des
TPE, les 3, 4, 5 et 11 avril 2002. Ces réunions ont été
l'occasion de dresser un bilan critique mais très constructif des
conditions dans lesquelles a eu lieu l'évaluation et, au-delà,
le déroulement des TPE dans leur ensemble. Il est indispensable
que ces critiques soient prises en compte pour améliorer les TPE.
Dans cette perspective, il a été décidé que
les délégués de chaque établissement constitueraient,
avec l'accord de leur chef d'établissement, un réseau de
correspondants TPE, et que quatre réunions seraient organisées
à la rentrée 2002 pour définir clairement les modalités
d'organisation de TPE pour l'année scolaire 2002-2003. Il a été
décidé aussi qu'une commission travaillerait sur l'évaluation
elle-même afin que des critères clairement définis
soient portés à la connaissance de tous les examinateurs
avant la session 2003.
II. Déroulement de l'épreuve.
A) aspects organisationnels et matériels
1) durée de l'épreuve :
- La durée de l'épreuve est-elle
suffisante ? Oui en général pour les groupes constitués
de 2 à 3 candidats, mais peu adaptée pour les groupes plus
nombreux. 17 établissements estiment que la durée est trop
courte pour les groupes de 3, 4 et plus : ils ont dépassé
le temps réglementaire.
Suggestions : il faut moduler la durée en
fonction du nombre d'élèves constituant le groupe, soit,
par exemple :
-10 mn par élève pour un groupe de 4, + 10 mn pour la délibération,
50 mn au total.
Autre suggestion : 45 mn par groupe (20 mn exposé oral + 10 mn
d'entretien + 15 mn de concertation pour le jury).
- Nombre de jours nécessaires à la
passation de l'épreuve pour l'ensemble des candidats : évidemment
variable selon le nombre de candidats par établissement. En moyenne
pour Paris : 3 demi journées par établissement pour 4 ou
5 groupes TPE par demi journée. Les interrogations se sont déroulées
de préférence le mercredi après midi.
Conclusion partielle
: prévoir un temps plus long pour
les groupes de 3, 4 élèves et plus, et pour la délibération
des examinateurs.
2) encadrement de l'épreuve :
- Les contraintes fixées par la note de
service sur les modalités d'évaluation ont-elles pu être
respectées dans tous les établissements ?
Oui, à tous les items et à l'unanimité.
Quelques difficultés en cas d'absence de professeurs extérieurs
à l'établissement, difficultés réglées
en faisant appel à des personnes ressources de l'établissement.
Problème pour des disciplines à faible vivier.
- Nombre d'enseignants (hors professeurs documentalistes)
mobilisés pour la passation de l'épreuve ?
Nous n'avons pas de chiffre exact mais deux indications intéressantes
: d'après les réponses reçues à l'enquête,
on peut établir une moyenne de 9 professeurs examinateurs par établissement.
On sait aussi que dans le quatrième regroupement de bassins, qui
représente l'effectif le plus important, 350 professeurs ont été
mobilisés pour 2059 candidats. Or il y avait 5397 candidats dans
l'académie de Paris
Si on extrapole à partir de ces deux données, on obtient
un nombre d'enseignants mobilisés d'environ 850 à 900 professeurs
pour 5397 candidats.
Si les TPE étaient rendus obligatoires, il faudrait prévoir
la constitution de jurys pour 15447 candidats (chiffre des élèves
inscrits au baccalauréat séries générales
pour l'académie de Paris, donné par le SIEC le 27 mars 2002),
soit environ 3 fois plus de professeurs que cette année, ce qui
représente environ : 875 3 = 2625 professeurs mobilisés.
Tous les chefs d'établissement consultés estiment que ce
chiffre est impossible à atteindre avec uniquement des professeurs
volontaires.
- Y a t-il eu des déficits en enseignants
dans certaines disciplines ?
Non en général sauf cas particulier en anglais, économie,
philosophie, arts du théâtre, lettres.
- Nombre de professeurs documentalistes sollicités
sur l'ensemble de l'académie ?
Dans 43 établissements, le documentaliste n'a pas participé.
Dans 18 établissements 1 à 2 documentalistes ont participé.
Conclusion partielle
: une évaluation des TPE généralisée à
tous les candidats au baccalauréat poserait des problèmes
difficiles à résoudre pour la constitution des jurys, compte
tenu du nombre de professeurs à mobiliser. La participation des
documentalistes reste minoritaire.
3. problèmes matériels éventuellement
rencontrés.
- dans les établissements :
19 établissements signalent des difficultés matérielles
: pas de mise à disposition de salles spécialisées
et équipées de matériel vidéo projecteurs,
ou de supports informatiques. Or la diversité des productions et
la variété des supports demande que ces infrastructures
soient disponibles simultanément pour plusieurs groupes, au moment
des épreuves
Autre problème : le stockage des productions.
Le faible nombre des difficultés matérielles
signalées tient au nombre relativement peu élevé
des élèves ayant choisi les TPE : si ceux-ci deviennent
obligatoires, la situation risque d'être ingérable.
B. Evaluation : conditions, critères,
outils :
1) - Pertinence des trois composantes de l'évaluation
:
Elle est jugée bonne dans l'ensemble.
Cependant 21 établissements font remarquer que le point le plus
délicat à évaluer est la démarche personnelle
de l'élève. Comment apprécier cette démarche
? La part prise par chaque élève dans l'élaboration
du travail collectif est difficilement chiffrable et évaluable
par des examinateurs extérieurs aux TPE. La différence se
fait donc principalement à partir de la qualité de la présentation,
c'est-à-dire à partir de la qualité de la prestation
orale de chaque élève. Mais celle-ci ne reflète pas
forcément l'implication réelle de chacun dans la réalisation
du TPE.
Les professeurs accompagnateurs n'ont pas toujours proposé une
note pour la démarche personnelle et les professeurs examinateurs
sont gênés de noter à partir d'appréciations
plus ou moins précises. Bien que certains l'aient fait, les examinateurs
répugnent dans l'ensemble à modifier les notes proposées
par les professeurs accompagnateurs : sur quels critères le faire
?
Aussi constate-t-on une grande diversité de comportement parmi
les jurys : certains ont laissé la note sur 8 de leurs collègues,
d'autres l'ont modifiée La part de notation des professeurs encadrant
doit être reconnue, voire même accrue, car ils sont les seuls
témoins de l'implication personnelle des élèves.
Il faut préciser aussi davantage ce qui est exactement attendu
dans la synthèse, document qui ne semble pas avoir été
systématiquement exploité par les examinateurs.
Il faut clarifier les termes des composantes de l'évaluation pour
éviter les risques d'interprétation différente suivant
les établissements et donc les jurys. Cette clarification doit
intervenir dès le début de l'année pour que les élèves
s'engagent en pleine connaissance de cause.
Conclusion partielle
: seuls les professeurs encadrant le TPE peuvent apprécier et
noter la démarche personnelle.
2) - Pertinence des critères fixés
:
Elle est jugée bonne dans l'ensemble. Cependant 17 établissements
estiment que les directives de la note de service n'étaient pas
suffisamment précises, notamment en ce qui concerne la démarche
personnelle et la synthèse.
Quel est le rôle du carnet de bord ? Doit-il être soumis à
l'évaluation du jury ? Le carnet de bord est censé retracer
" la démarche " : celle-ci n'a-t-elle pas déjà
été évaluée par les professeurs qui ont encadré
le TPE ?
Que faut-il entendre par " présentation orale " ? Plusieurs
jurys ont fait remarquer que la présentation consistait souvent
en une sorte de relecture de la synthèse, elle-même résumé
de la production.
Conclusion partielle
: les critères doivent être mieux définis
et plus précis afin que l'évaluation soit la plus objective
possible.
3) - la répartition des points entre
les trois composantes est-elle satisfaisante ?
Oui majoritairement.
14 établissements font remarquer néanmoins que la "
proposition de note sur 8 " a embarrassé bien des jurys :
ils notent une certaine tendance à la systématisation du
8/8 (réaction de mauvaise humeur consécutive aux modifications
survenues en cours d'année dans les modalités d'évaluation
?) qui limite la part d'évaluation du jury. Les jurys ont tendance
à envisager une note globale (sur 20) plutôt qu'une note
décomposée ( ../6 + ../6)
A l'inverse, il serait souhaitable que les élèves qui ont
travaillé sans rencontrer les professeurs accompagnateurs ne soient
pas pénalisés par un 0/8 ou par l'absence de notation.
Beaucoup de professeurs déplorent la faible
incidence de l'épreuve sur les résultats au baccalauréat
: " si les candidats gagnent en moyenne 4 points, sachant que le
nombre de points requis pour le baccalauréat est 350 (hors spécialité),
cette épreuve leur rapporte un 4/350 de points, c'est-à-dire
1,14 centième de points. Est-ce intéressant pour les candidats
(et pour les professeurs) de dépenser autant d'énergie et
de temps ? " (Extrait de la fiche de synthèse du Lycée
Raspail).
4) - Difficultés éventuellement
signalées par les examinateurs concernant:
4a) - les appréciations des enseignants
ayant encadré les TPE :
Des précisions doivent être apportées sur l'investissement,
la motivation et le travail réellement fourni au sein du groupe.
Prévoir une grille plus détaillée afin d'éviter
les appréciations trop vagues ou floues.
4b) -la prise en compte de la part individuelle
dans la présentation collective :
Le partage des tâches dans la présentation collective semble
indispensable pour pouvoir prendre en compte la part individuelle. Mais
la contribution réelle de chacun dans un travail collectif reste
difficile à évaluer surtout quand le travail du groupe est
homogène. Faut-il alors prendre en compte le carnet de bord ?
5) - autres difficultés :
Manque de temps pour la lecture des documents fournis.
Difficultés dans la conception, très variable d'un établissement
à l'autre, de ce que l'on évalue en terme de contenu, démarche,
maîtrise des savoirs, raisonnement. Grande diversité des
pratiques des équipes d'encadrement, exigences différentes
sur la conception des TPE et, plus particulièrement, sur l'interdisciplinarité
et la " problématisation " du sujet.
Ainsi, on constate que la dimension d'interdisciplinarité a pris
plus ou moins d'importance suivant les jurys, qu'il est arrivé
assez fréquemment qu'elle soit purement et simplement absente de
TPE qui avaient glissé vers le mono disciplinaire. Cette dérive
a été parfois sanctionnée, parfois non.
On constate aussi que certains sujets étaient trop ambitieux, que
des thématiques étaient difficiles à traiter parce
que trop peu claires, que les thèmes étaient souvent intéressants
mais que les élèves avaient eu du mal à dégager
l'intérêt philosophique de leur sujet, que la problématique
était insuffisante, voire absente. Là aussi les jurys ont
réagi de manière très différente : sanctionnée
assez sévèrement par certains jurys, l'absence de problématique
ne semble pas en avoir gêné d'autres. On est d'ailleurs en
droit de se demander si le terme de " problématique "
recouvre le même sens selon les disciplines.
De nombreux examinateurs pensent qu'un encadrement plus rigoureux du travail
des élèves pendant l'année scolaire est nécessaire,
avec une attention particulière au choix des sujets, des problématiques,
à l'expression écrite, à la préparation de
la prestation orale. L'équilibre entre d'une part la liberté
de choix des élèves, leur autonomie dans le travail et d'autre
part la rigueur propre à toute démarche intellectuelle,
dont les principes et les contraintes ne peuvent qu'être rappelés
par les professeurs accompagnateurs, doit faire l'objet d'une réflexion
pédagogique plus approfondie.
Autre difficulté signalée : comment évaluer une production
qui s'appuie sur une discipline dont les examinateurs ne sont pas forcément
des spécialistes ? Ainsi il est arrivé qu'un jury Lettres/Philo
soit obligé d'évaluer...un tableau peint par un candidat.
Disposant d'informations plus précises sur les sujets de TPE présentés,
les chefs d'établissements pourraient constituer des jurys mieux
adaptés à la nature de la production à évaluer.
Conclusion partielle
: Les principes et critères de l'évaluation doivent
être précisés et clarifiés, voire simplifiés.
Il faut redéfinir ce que l'on entend (et ce que l'on attend) par
synthèse, production, présentation, démarche personnelle,
carnet de bord, problématique, interdisciplinarité.
6) Les examinateurs ont-ils disposé à
l'avance des documents nécessaires à l'évaluation
?
Oui, majoritairement. Le délai de 8 jours (quand il était
respecté) permettait cette consultation. Parfois cependant le délai
était trop court (48h), les élèves ayant remis leur
dossier en retard. Il faut signaler le problème des productions
vidéos qui n'ont pu être visionnées avant l'épreuve
ou qui étaient trop longues pour faire partie de la présentation
des candidats lors de l'évaluation.
Certains examinateurs souhaiteraient avoir les synthèses écrites
deux semaines avant pour permettre une réelle appropriation des
travaux accomplis.
Les synthèses écrites, les carnets de bord n'ont pas toujours
été fournis par les candidats. Les productions sont souvent
très inégales.
7) - Existence de grilles d'évaluation
locale :
Non majoritairement. : seules les modalités d'évaluation
officielles ont été rappelées le jour de l'examen.
Cinq établissements ont communiqué des grilles pour information
Conclusion partielle
: Les examinateurs extérieurs ont des difficultés pour
s'approprier les synthèses écrites et examiner les productions,
notamment vidéos, faute de temps préalable suffisant avant
l'épreuve : il faut donc prévoir un temps plus long pour
l'examen des productions.
8) Améliorations souhaitées dans l'organisation :
- un texte plus précis sur
la durée de l'épreuve pour chaque candidat et sur l'évaluation
par les professeurs qui ont encadré le TPE.
- disposer du calendrier des épreuves plus tôt dans l'année
et de grilles d'évaluation plus détaillées pour les
jurys.
- préciser aux élèves ce qui est attendu lors de
la présentation devant le jury : actuellement, il y a trop souvent
confusion entre production finale et synthèse. Certains examinateurs
n'attendent pas la même chose de la présentation orale des
élèves ( Simple exposé ou présentation critique
du travail ?) Il faut une redéfinition qui précise les critères
d'évaluation de la synthèse rédigée par l'élève.
- possibilité pour les examinateurs de retirer les dossiers au
minimum une semaine avant le début des épreuves. Il faudrait
autant d'exemplaires de la synthèse écrite et de la production
écrite que d'examinateurs.
L'examen des dossiers avant l'épreuve orale nécessite au
moins 1h de lecture par groupe.
- prévoir un groupe TPE par heure ; ne pas examiner plus de huit
groupes par jour.
- prévoir une réunion d'harmonisation par regroupement de
bassin avant les épreuves pour se mettre d'accord sur la manière
de noter.
- la lourdeur et la complexité
de l'organisation et de l'évaluation de l'épreuve dans l'établissement
sont souvent soulignées. Problème de disponibilité
des professeurs.
- certains proposent de mener l'évaluation comme pour le français
en 1ère (brassage des candidats) pour éviter les évaluations
comparatives
locales, source de contestations, ou comme en EPS (contrôle continu).
- plusieurs établissements souhaiteraient que les TPE restent facultatifs
en terminale. La généralisation des TPE en terminale risque
de s'avérer
ingérable compte tenu du nombre d'élèves concernés.
Les jurys devraient siéger pendant plusieurs jours. L'organisation
actuelle est déjà très lourde
et ne fonctionne que dans la mesure où les effectifs sont réduits,
les examinateurs volontaires. Autre argument : la généralisation
va obliger des élèves non
motivés à passer plus de temps à la préparation
des TPE qu'à celle du bac, entraînant des problèmes
d'une autre nature.
- créer une banque des sujets présentés ; donner
plus de publicité aux soutenances des TPE pour que d'autres élèves
y assistent.
- thèmes nationaux insuffisants pour les SI.
Conclusion partielle :
un calendrier plus clair et établi plus tôt, des réunions
d'harmonisation sur l'évaluation.
9) - Répartition des notes
Très grande diversité des résultats
10) Nombre de candidats inscrits ne s'étant
pas présentés ?
116/3548
(3548 = le total des candidats dans les 61 établissements ayant
répondu à l'enquête).
Conclusion générale
:
Un point à régler : l'évaluation
doit être précisée dans ses modalités.
Une inquiétude : la généralisation des TPE en terminale
poserait de gros problèmes de logistique compte tenu du nombre
d'élèves. Le succès de cette année tient au
fait que les TPE ne concernaient qu'un nombre réduit d'élèves
motivés, encadrés et évalués par des professeurs
volontaires.
Des pratiques évaluatives différentes, parce que liées
à la lourdeur et à la complexité de l'évaluation,
accentuent l'inégalité de traitement entre les élèves
préparant un examen national.
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